Ce partenariat entre l'Atelier Bouvier, Echangeur 22 et Mécènes du Sud relève de la charte « Art & Monde du Travail » élaborée pour promouvoir la présence de l’art sur les lieux du travail. Dans ce cadre, j’ai été invitée pour une durée de 6 mois au sein de l’entreprise à développer une activité de recherche, d’expérimentation et de production artistique. L’entreprise Bouvier, spécialisée dans la restauration des monuments historiques et du patrimoine ancien et moderne depuis plus de trente ans, est donc devenue le lieu de la rencontre des membres de l’entreprise mais aussi de la production de pièces dans ses ateliers, reconnus pour la sculpture, la restauration de sculpture et de décors peints, la gypserie, le stuc et le moulage.
Ce catalogue rend compte du travail mené à l’atelier Bouvier entre mai et octobre 2024. Découpée en une première phase d’observation puis un second temps de production, cette résidence m’aura permis de découvrir les différents corps de métier présents au sein de l’entreprise, les chantiers qui les rassemblent, mais aussi les défis techniques relevés au gré des commandes. La pluralité des formes et des moules préexistants ainsi que la précision du travail technique des employé.es à l’œuvre dans les ateliers auront eu raison de mes ambitions sculpturales pour déplacer mon regard vers les questions que me semblaient soulever ma présence dans l’entreprise : qu’est-ce qui différenciait nos approches dans la production des formes ? Mais aussi, qu’est-ce qui se jouait dans mon insertion momentanée au sein de leur équipe ?
Deux pistes se sont alors esquissées : je désirais mettre en avant la rencontre humaine et travailler sur l’interprétation qui est au cœur du travail de l’artiste, là où l’artisan doit se tenir au réemploi et à la répétition d’un vocabulaire de formes déjà existant souvent emprunté à l’architecture. 
J’ai alors élaboré un protocole qui servirait une œuvre collaborative. Chaque employé.e était invité.e à inscrire sur un petit papier qui me serait restitué son prénom, un nom commun, ainsi que le titre d’une chanson et le nom de son interprète. À partir de ces données s’amorçait une rencontre et j’allais fabriquer un objet qui devrait opérer comme une réponse à une commande individuelle. Je m’étais imposée le cadre temporel d’une journée par objet produit, contrainte respectée, à l’exception de quelques formats et matériaux un peu plus exigeants. 
Cette compilation d’objets constitue la playlist formelle d’une équipe au travail sur le temps d’un été.


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