La pierre à sel est un complément alimentaire que l’herbivore lèche pour bénéficier de ses bienfaits. Les sels minéraux dont il a besoin ne lui sont délivrés qu’après qu’il l’ait bien léchée. Si l’encouragement affectueux sculpté dans le sel veut dire « bon garçon », conférant à son autrice une place maternante, l’accompagner d’une friandise annonce que quelque chose a été demandé en retour. La pratique d’un cunnilingus est alors sous-entendue, justifiant la délivrance de la récompense, le remerciement adressé au garçon qui lèche bien. Gratifier celui-ci d’un « bon garçon » rend alors ambiguë la position du destinateur du message qui semble s’adresser à un enfant, devenant alors une figure autoritaire et pédophile. L’objet sculpté vient semer le trouble sur une relation qui relèverait d’une sexualité monstrueuse, contre-nature, entre une femme dominante et son animal objetisé et infantilisé.
D’autre part, l’absorption des mots adressés à un cheval en quête de sels minéraux introduit la question du langage et de la communication entre animaux humains et animaux non-humains, avec la dimension fictionnelle que nos projections anthropomorphiques engendrent.