Georges Didi-Huberman relate, dans son livre La Ressemblance par contact, la difficulté pour les historiens à déchiffrer un certain symbole préhistorique gravé dans les grottes : un triangle fendu dont la lecture pourrait tendre à la fois vers la représentation d’un sexe féminin et vers celle d’une empreinte de sabot de cheval. De ce trouble est née l’idée de la création d’Épiphanie. Cette pièce se veut être la révélation de ce qui se trouve sous le sabot d’un cheval – puisque l’on désigne par une expression populaire « ce qui ne se trouvera pas sous le sabot d’un cheval » – ou sous les jupes des filles… Épiphanie dévoile les parties intimes en un seul mouvement, en un seul objet qui joue à être une fève, petite faïence qui apparaît en bouche entre deux bouchées, précieuse et inattendue comme la perle d’une huître. Présentées en tas, comme un charnier, dans une boîte lumineuse rouge, ces petites fèves blanches apparaissent comme autant d’ossements dont la lumière qui les domine signifierait la veille. Ce charnier de pieds nous rappelle également que les matricules des chevaux convoqués à faire la guerre étaient inscrits sur la corne de leur sabot, obligeant la mutilation des corps morts pour leur recensement.

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